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Trio de batterie : "Drums Noise Poetry" | FATUM 014 | 15.00 €
edward perraud - batterie
mathias pontévia - batterie
didier lasserre - batterie



Parution novembre 2007
Conception graphique : Mathieu immer
Peintures : Mathias Pontévia, Magali Novion & Mathieu Immer
Exemplaires uniques - série limitée à 500 exemplaires
Un disque co-produit par Amor fati & Bordeaux Jazz Festival dans le cadre des "Live au Musée d'Aquitaine 2007"

Joël PAGIER - Improjazz
''L'écoute commence par le silence. Un silence lourd d'attente. Et dans cette inquiétude lente, le son, peu à peu, s'interpose entre l'auditeur et le doute. Un profond gémissement venu d'on ne sait où s'immisce dans les zones sensibles de notre cerveau, ponctué de chocs imperceptibles, de grincements lancinants. Le vide et son vertige sont toujours là, pourtant, obscurs, menaçants. Vers la 5e minute, peut être, quelqu'un (mais qui ?) nous invective soudain. Et l'attente se charge d'électricité. Qu'une frappe plus sèche nous laisse deviner un seul rai de lumière et, très vite, il s'abîme dans les fosses muettes de quelque réceptacle insondable. Il faut bien un quart d'heure avant que les enjeux ne se dessinent enfin. De bien curieux enjeux, d'ailleurs, tissés de filaments épais, d'espaces souterrains et de tempêtes immobiles. Et toujours le silence, comme en toile de fond, veille à la surdité, conducteur de visions à peine effleurées du bout des yeux. Ca crisse, feule, crépite sous la cendre et retourne à l'absence.
Lorsque Charlie Watts, batteur des Rolling Stones, dont nul n'ignore qu'il déteste le rock'n'roll, laissa tomber en pleine interview que "la batterie (était) un instrument bruyant", il n'avait pas encore eu l'occasion d'entendre le trio de Didier Lasserre, Edward Perraud et Matthias Pontévia. Et même si, depuis quelques dizaines d'années, cet assemblage hétéroclite de fûts et de cymbales a su outrepasser la stricte fonction rythmique dans laquelle on l'avait maintenu, bien rares furent ceux qui parvinrent à lui conférer sa véritable dimension poétique. Ici, dans ce "Drums noise poetry", les peaux, le cuivre et le bois sont autant de pages blanches où viennent s'inscrire les plus étranges aphorismes, les plus angoissantes strophes et les plus sombres paragraphes qu'auraient pu signer Edgar Poe, Franz Kafka ou Donatien Alphonse François de Sade. Ici, le fracas des tambours accède à la poésie pure.
Plus on avancera dans le discours des trois percutants et plus le son croîtra, bien sûr, deviendra saillie insolente, sentence fatale, tonnerre déchirant ou hurlements stridents de corridors surpeuplés. Mais, pour expressionnistes que puissent paraître ces magnifiques et terribles envolées, elles ne seront jamais qu'un peu d'espace gagné sur le vide sous-jacent, qu'un peu de colère émanant du néant.
De fait, si l'on excepte le "Green Report" de Tatsuya Nakatani (HH productions/Improjazz), je crois bien n'avoir jamais eu le bonheur d'admirer à ce point la poésie à l'œuvre sur la peau des tambours !''

Claude Chambard - Journal des Allumés du Jazz, 1er trimestre 2008.
(...) trois batteries, Edward Perraud, Mathias Pontévia, Didier Lasserre. Renversant. Bouleversant. Sans hésitation un très grand disque que ce Trio de batterie. On se demande même souvent avec quels instruments nos trois lascars produisent les sons, les mélodies... Ca tire vers les instruments à vent, à cordes frottées, les synthétiseurs évidemment, toutes les percussions possibles, bombardiers, Spitfire en piqués, les orages, les brises, les tornades, les friselis, les forêts, les prairies, les chutes du Niagara, les rouleaux de l'océan, l'atelier typographique, l'usine. Le septième jour, le trio de batterie inventa le son, l'énergie et l'amitié.

Jean-Michel Van Schouwburg
Avec Amor Fati, la scène improvisée française tient un label de premier plan d’un point de vue international avec le grand bonheur de présenter des enregistrements superlatifs d’artistes locaux. La présentation cartonnée et peinte de la pochette est en fait un exemplaire unique.  Le titre « Trio de Batterie » - un peu déroutant – ne laisse pas deviner qu’on se situe ici dans la meilleure musique « post – AMM » avec le niveau d’inspiration collective du légendaire tandem Paul Lovens – Paul Lytton. Cette impression est corrigée par le sous – titre : drum noise poetry. C’est un enregistrement exceptionnel récent (28 - 29 juillet 2007) qui fait complètement oublier l’excessive et décevante production de cédés dans la sphère musicale improvisée de ces dernières années. La musique est répartie en trois plages respectives de 24, 9 et 41 minutes, mais déjà après les 6 premières minutes vous êtes dans la stratosphère. Durant la dernière très longue plage, la notion du temps s’évanouit vers la vingtième minute. Nos trois apôtres font ensuite subtilement un silence abrupt … interrompu par une déflagration et continuent de plus belle en changeant sensiblement l’étagement des sons et leur perspective. Par la manière délicate dont cela a été enregistré, une écoute au casque à fort volume révèle toute la richesse de la musique sans aucune agressivité.  Ces trois-là, Pontévia, Lasserre et Perraud, ont su appliquer le mot d’ordre un pour tous – tous pour un : ils nous offrent un véritable son de groupe où il est difficile de distinguer la contribution de chacun. L’empathie est grandiose. Vibrations métalliques, jeu à l’archet, bols chinois, gongs, grattements de cymbales, harmoniques, peaux frottées, craquements, grosse caisse résonnante,  tout vibre et se développe avec une unité profonde et véritablement sentie. Le duo Lovens-Lytton avait intitulé son premier enregistrement de 1976 « Was It Me ? » (Etait-ce moi ? Po Torch ptr jwd 1). Cet enregistrement avait marqué les esprits et contribué chez les auditeurs – musiciens d’alors à une véritable prise de conscience égale à celle diffusée par la Company ’77 de Derek Bailey avec Lacy, Braxton, Leo Smith, Honsinger et consorts. Il faut donc recommander l’écoute de Trio de Batterie d’urgence pour un tas de raisons dont certaines échappent peut – être à leurs auteurs. Par exemple, le fait qu’il s’agit d’un ensemble où la musique dépasse par la qualité et l’inspiration la somme des contributions individuelles rend ce Trio plus désirable et plus fascinant que les excellents cédé solos de Lê Quan Ninh, Eddie Prévost et Tatsuya Nakatani. Il faut espérer que cet opus s’inscrive dans la liste des incontournables d’un maximum de passionnés. Plus que ça tu meurs !

Rigobert Dittmann - Bad Alchemy Magazin
An Immers handgemaltem Amor-Fati-Design von Trio de Batterie (FATUM 014) wirkte MATHIAS PONTÉVIA mit, gleichzeitig ein Drittel des Trios mit EDWARD PERRAUD & DIDIER LASSERRE. Er lebt in Bordeaux, spielt Rock in Machine_Gun mit  Seb Capazza und improvisiert auf einem Selbstbau-Drumkit zusammen mit etwa Bondonneau und Charles. Hier steht „drums noise poetry“ an, für die Le Quan Ninh Pate gestanden haben könnte. Pontévia & Co. tasten sich auf Finger- und wie auf Zehenspitzen in ‚tri/‘, dem von ‚ph-‘ und ‚on)‘ gefolgten Auftakt ihrer 75-min., pur perkussiven Improvisation. Rhythmik zählt wenig bis nichts, die Drum-Poesie wird durch reichhaltig ausdifferenzierte Klangfarben erzielt. Gestrichene Drones in allen möglichen Metallic-Nuancen, geschabte und scharrende Klänge, sirrend vibrierende oder aufschrillende Cymbals. Erst nach 20 min. erklingen erstmals wummernde und trappelnde Rolls und klapperndes Tickling, ein rhythmisches Atmen fast, wenn auch das Atmen eines asthmatischen Schrottplatzes. Die Zurückhaltung lässt nicht gleich an 6 Hände denken, die transparente Vielfalt jedoch bestätigt die vielarmige Spannweite und tricephale Phantasie.