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Dies Irae | FATUM 013 | 15.00 €
sylvain guérineau - saxophones alto & baryton




Parution avril 2007
Conception Graphique : Jean-Marc Foussat
Sérigraphie : Sylvain Guérineau & Nicolas Talbot
Exemplaires uniques - série limitée à 400 exemplaires

"Un chant pluriel", par Philippe Carles, Jazz Magazine n° 585 - Octobre 2007
De l'infradoux d'une résonance à l'extrême éraillement d'un gravissime, une errance en trois actes de méditation. C'est qu'au-delà de la tentation facile d'évoquer quelque « cri primal » synonyme de « free » ces 36’ de diva gation n'en finissent pas d'évoquer un chant pluriel. Comme si l'urgence était la règle, dont ne témoignent pas seulement les bouffées, crises et accélérations, tous éléments que l'on retrouve dans la peinture (signée par le saxophoniste) accompagnant-enveloppant ce disque. Violences, contrastes paroxystiques, ardeur d'une telle cohérence qu'un sentiment se dégage de sérénité inouïe comme il arrive lorsqu'un niveau sonore devient si élevé qu'il finit par être perçu comme un silence d'une densité supérieure. D'où l'impression d'une inattendue complétude, guère éloignée de la facture superbement lisse d'une sculpture de Jean Arp : en fait, une manière de bibelot où se seraient fon dues les alluvions trimbalées au fil des plus vives musiques, car ce « Jour de colère » est, dans son inéluctabilité de « premier jet », l'expression d'une vie jalonnée de rencontres : au sein d'un amateur Vendôme Quartet il y a qua tre décennies, avec un contrebassiste nommé Francis Marmande, le long du Passage d'Eric Dolphy de Réda, des batteurs comme Alain Gerber Jacques Mahieux, Bernard Lubat, Sunny Murray, plus récemment avec Henry Grimes et Didier Lasserre, sans parler de la fréquentation fervente des émois et fureurs du jazz le plus incandescent. Jusqu'à cet album singulier, par son mode de production (tirage limité à cinq cents exemplaires, diffusion marginale), sa présentation d'une luxueuse simplicité, et sa logique — celle du rêve.

POSTED BY STEF on http://freejazz-stef.blogspot.com
''There is more to come about Sylvain Guérineau, later. Here, he plays alto and baritone sax, solo, with a lot of chamber effect, as if he's playing in a church or something, and that is correct, now that I check it, recorded on the 25th of October in the church of Saint Côme and Saint Damien in Luzarches in France. Don't ask me where it is or who those saints are or why it takes two saints to name a church. He plays sax as if his life depends on it : fierce, violent, but meditative too. It is quite enjoyable. Guérineau started his career as an accountant in a bank. He played sax in the local brass band as a kid. He liked listening to music, but forgot about his instrument. Only later, when his own kids were older, did his former creative interests come back, adding painting to it. As he writes it himself on his website : "Then, I tried to recuperate the time I lost : Soutine, Fautrier, Van Velde, Dubuffet, guided by my holy trinity : Bach, Coltrane, Basquiat. I do not paint paintings, but rather fetishes, talismans, "botchios" : those sculpted pillars that people in Benin put at the entrance of villages to keep evil spirits away and to protect its inhabitants. I would like to achieve with my music and my paintings a kind of wildness. Wildness against "barbarie" (a French word which is hard to translate : something like stupid uncivilized cultureless violence), as if painting and music took hold of reality, as if paint brushes could erase human misery". The cover art of all individual CDs of the entire label is hand-painted by him. There are surely sax players with more technical skills than Guérineau. But there aren't many with the same attitude. And the latter shines through in his music.''

Jean Michel VAN SCHOUWBURG - ImproJazzEncore un excellent album produit par ce très original label bordelais. Un solo de saxophone alto, puis baryton. Ces pochettes Arnor Fati en carton brun recyclable et peintes en exemplaire unique sont séduisantes. Mais quand elles emballent des enregistrement comme celui-ci, c'est notre cœur qui s'emballe. Il est des saxophonistes alto qui déploient plus de moyens, de faconde et font plus d'étincelles sans pour cela convaincre plus que Sylvain Guérineau, un très solide saxophoniste alto. Dans cette musique solo, il y a une sincérité, un savoir faire, une logique et une intensité qui la rendent aussi réussie et désirable que les saxophonistes alto les plus en vue du « post - dolphysme» (Rob Brown, Marco Eneidi, André Goudbeeck, Luther Thomas, Oliver Lake et Jean-Luc Guionnet). Une puissance sonore réelle. Enregistré en 2005 dans une église, ce lieu apporte une coloration et une dimension particulières. Il souligne la nudité du son et en amplifie l'énergie. Le souffle de Guérineau fait vibrer tout l'espace du lieu. Pour un tel instrument en solitaire, l'acoustique d'une église est aussi ingrate que fascinante. C'est du jazz libre de haut-vol. Il se passe quelque chose d'intense et de profond dans ce Jour de Colère.

Rigobert Dittmann - Bad Alchemy Magazin
SYLVAIN GUÉRINAU (*1946, Vendôme), der schon bei Dont Acte (FATUM 001) mitgemischt hatte, ist ebenso informeller oder abstrakt expressionistischer Maler (siehe rechts) wie Free Jazzer und hat sein Solo Dies irae (FATUM 013) selbst mit wilden Farben illustriert. Seine Alto- & Baritonsaxophone, mit einigem Hall aufgenommen, quellen über vom freien Geist von François Tusques und Sunny Murray (wegweisenden Gefährten seiner frühen Jahre) und dem Feuer der großen Fire-Music-Macher. Der Duktus, das Unbedingte des Titelstücks ähnelt dabei dem Himmelstürmer seiner Serie Nulle Part, der mit den Zähnen und Klauen seiner Farbenpracht am grauen Deckel über uns kratzt. ‚Fatima‘ stimmt er auf dem Bariton an, ‚Minaret‘ wieder auf dem Alto, wohl von düsteren Gedanken gedrängt, wie sie auch in ‚Palestine‘ (aus seiner Reihe heurts & conflits) aufschreien. In Guérineaus Ton ist der Zorn des ‚Dies irae‘ noch eins mit dem ‚Ah! ça ira‘ des 14. Juli, auch wenn von der ‚October Revolution in Jazz‘ nur Herbstlaub blieb.

Didier Lasserre
"Entendons-nous bien : pour Sylvain Guérineau, jouer seul n'aura jamais été jouer la solitude, mais plutôt, comme son exact négatif, être entouré de sa vie entière. Tout en travail, comme on travaille le bois, toujours tendu vers le don et ce "point de magique utilisation des choses", ce "point phosphoreux où toute la réalité se retrouve, mais changée, métamorphosée" (Antonin Artaud, Le Pèse-Nerf, 1925). Perché dans sa chaire, il nous fait, et tant pis pour le jeu de mot, sentir la sienne, sentir le souffle (*), le métal et ses clefs ; prêt à faire se fendre les pierres de cette église de Luzarches, pleine soudainement, et vibrante comme un corps entier. Les micros n'avaient plus qu'à recevoir, ils n'en attendaient pas tant. Et, pour finir dans le renversement, comme pour dire une peinture incroyable, l'oreille regarde la musique de Sylvain Guérineau. Une musique au coeur immense."

(*) Artaud encore, dans ses "50 dessins pour assassiner la magie" : "Or je connais la valeur plastique objective du souffle, le souffle c'est quelque chose dans l'air ce n'est pas de l'air remué seulement, c'est une concrétisation massive dans l'air et qui doit être sentie dans le corps et par le corps comme une agglomération en somme atomique d'éléments et de membres qui à ce moment-là font tableau."