Amor fati

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C Humus | FATUM 016 | 15.00 €
benjamin bondonneau - clarinette
daunik lazro - saxophone baryton
david chiesa - contrebasse
didier lasserre - batterie
laurent sassi - son



Parution juin 2008
Conception graphique : Benjamin Bondonneau & David Chiesa
Peintures : Benjamin Bondonneau
Exemplaires uniques - série limitée à 500 exemplaires

Joël PAGIER - Improjazz n°147, juillet-août 2008.
''De quoi peut bien se composer l'"Humus" de Benjamin Bondonneau, David Chiesa, Didier Lasserre, Daunik Lazro, et Laurent Sassi ? De minerai, sans doute, car ça ferraille dur du côté des cymbales de Didier. De racines, également, puisque la contrebasse tenue par David résonne d'une profondeur qui ne peut s'ancrer qu'au plus profond de la terre. De galeries, encore, où les souffles conjoints de Daunik et de Benjamin circulent avec un rare sens de l'orientation, souvent ensemble, séparés quelquefois, mais se croisant toujours aux mêmes intersections, aux points de passage obligatoires de ce labyrinthe circulaire. De vie, obstinément, grouillante, active, volubile, peuplée d'insectes souterrains que Laurent Sassi éclaire par intermittence, braquant sur chacun le projecteur de ses curseurs. Enfin - surtout ? - l'humus de ces cinq géologues de l'organique s'élabore, comme en temps réel, de la sédimentation incessante de sonorités successives, imbriquées les unes dans les autres à la manière de ces végétaux fossiles dont l'agrégat millénaire a fini par déposer à nos pieds ce sol que nous foulons en toute inconscience.
Autant vous dire que nous sommes ici à des années-lumière du silence, à l'écoute du chaos ou, plutôt, du magma, comme, au-dessous du volcan, on perçoit, à travers la chair fragile de la terre, les laves bouillonnantes, les roches qui éclatent et les gaz qui s'échappent par les fissures de l'écorce. Et l'on entend déjà, au loin, un humus en fusion… Mais, trêve d'images ! Absous du rythme comme de l'harmonie, bien loin des contraintes dites musicales, les cinq musiciens de l'Humus combinent les éléments épars d'un son unique auquel ils donnent forme avant de lui prêter vie. Et cette création, dès lors, évoluera au seul gré de ses créateurs, ployant parfois sous l'attaque de percussions expressives, reprenant souffle au contact d'une basse accueillante, aussi vaste que profonde, changeant vingt fois de texture et vingt fois retrouvant sa forme originelle, suivant son chemin jusqu'au bout du voyage, là où le silence, enfin, lui offrira un semblant de repos.
Trois fois, les ouvriers reprendront leur ouvrage, s'appuyant ici sur un baryton énorme, gonflé de graves et grasseyant, là sur le frottement du cuivre sur le cuivre, grinçant d'aigus exacerbés, là encore sur le souffle quasi-muet mais virevoltant d'une clarinette insolente, serpent entre les courants d'air comme d'autres le sont au fond se la mer. Ce souffle qui, d'ailleurs, restera en mémoire comme le principal matériau de cette musique, souvenir chlorophyllé de ces végétaux écrasés sous le poids de leur propre histoire. Au demeurant, l'archet sur la contrebasse ou l'acier sur les cymbales, en de telles circonstances… C'est encore du souffle.''

Jean-Michel VAN SCHOUWBURG, Improjazz n°148, septembre 2008
BONDONNEAU / CHIESA / LASSERRE / LAZRO / SASSI  : HUMUS (AMOR FATI Fatum 016)
DONEDA / LE QUAN / SAITOH / IMAI / SAWAÏ : UNE CHANCE POUR L'OMBRE (BAB-ILI LEF 02)
Humus ! On voit des impressions de feuilles d'arbres sur la pochette cartonnée à deux volets et qui, répétons-le, constitue un exemplaire unique, limité à 500 exemplaires. Organique, ce bourdonnement informel - à la première écoute ! - évoque aussi la manière de "une Chance pour l'Ombre" de Michel Doneda / Ninh Le Quan /  Tetsu Saitoh / Kazuo Imai / Kazue Sawaï, publié par le micro label provençal Bab-ili Lef. Daunik Lazro, bien entendu, mais aussi Benjamin Bondonneau, David Chiesa et Laurent Sassi sont des proches de Doneda et Lê Quan et avec plusieurs autres, ces musiciens ont emprunté une voie nouvelle dans l'organisation sonore et l'interactivité d'un groupe d'impro "radicale". Cette démarche trouve des échos à l'échelle internationale (Dörner, Hautzinger, Rhodri Davies, Jim Denley, Keith Rowe etc...), mais elle affirme une spécificité française et éminemment collective (Hubbub est un autre bon exemple). Salutaire donc ! Humus et une Chance pour l'Ombre sont particulièrement remarquables à cet égard. La sortie d'une Chance pour l'Ombre m'avait échappé. Mais comme Amor fati me régale en m'envoyant leurs cédés à chroniquer, ce que je fais de bonne grâce vu la qualité superlative, hexagonale et esthétique (des pochettes, organiques elles aussi !), je n'ai pu m'empêcher d'y ajouter le quintet franco-nippon. Une question et sa réponse éventuelle : Laurent Sassi est crédité "son" et aussi "prise de son" ? Sa technique d'enregistrement apporte une dimension spéciale à la musique du quartet. Ce quartet et le quintet avec Doneda échappe à la géométrie habituelle du groupe anches-contrebasse-percussion en usage dans le post free-jazz "SME". Ce qui importe dans ces deux musiques c'est qu'elles sont faites ensemble et qu'elles mettent en valeur le potentiel sonore de chaque instrument et de chaque musicien dans un flux organique en les enfouissant dans la masse ou les mélangeant comme le ferait un peintre abstrait. Organique, j'insiste, la description / comparaison utilisée dans ma chronique du premier Contest of Pleasures (Butcher / Charles / Dörner, Potltatch) évoquait des concrétions conchylliennes superposées : avec les algues et les filaments verts qui s'y accrochent quand la mer se retire, on n'est plus très loin des feuilles d'arbres semi-pourries et imprimées sur les pochettes en carton recyclable d'Amor fati. Les rôles et l'interaction de chaque instrument sont radicalement repensés de manière parfois indescriptible (pour un chroniqueur qui comme moi se fatigue après une fournée aussi remplie et providentielle d' Amor fati). Pour qui veut se documenter une fois pour toutes sur cette tendance improvisée, ces deux albums sont aisément recommandables. Deux superbes voyages à travers des paysages inouïs.

Rigobert Dittmann - Bad Alchemy Magazin
Humus (FATUM 016) stößt mit dem Titel und aufgedruckten Blättern die Phantasie in Richtung Fauna & Flora und die Nase in blaue Leberblümchen (‚l‘hépatique‘) und Torfmull (‚la sphaigne‘). Wenn nur die Klänge auch monotypisch wären.  Nun schon bekannte FATUM-Kräfte wie der Klarinettist BENJAMIN BONDONNEAU und Drummer DIDIER LASSERRE zusammen mit DAVID CHIESA am Kontrabass und DAUNIK LAZRO am Baritonsaxophon (plus LAURENT SASSI - son) rumoren jedoch durch das weite Feld des PlinkPlonk mit dem eigenen Rüssel als Horizont. Das führt immerhin im zweiten Anlauf zur Blauen Blume ungenierter Kakophonie. Nach Herzenslust wird gegrunzt und gequiekt, Lasserre kommt raschelnd und rappelnd vom Hölzchen aufs Stöckchen, Chiesa plonkt, dass die Schwarte kracht, bis man in ein gemeinsames wonniges Summen verfällt. Das bruitistische Torfstechen krätzt und rumort dann noch einmal mit allen Schikanen und singt einen perversen Lobgesang auf das Unkraut und Ungeziefer unter der Käseglocke ihres akustischen Treibhauses.

Metamkine
Matières organiques, décomposition des timbres et fusion des résonances. Du bien bel ouvrage enregistré comme il se doit.