Amor fati

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Samedi 13 mars 2004 | 32 rue de Bègles | 33800 Bordeaux |
Concert & enregistrement public pour le disque “Hors Ciel” (FATUM 004)
benat achiary - voix
didier lasserre - batterie
+ peintures de Jean Rougier




1ère partie :
serge creppy (voix & poésie)
mathieu immer (contrebasse)

Sud Ouest - Gironde départementale, samedi 13 mars 2004, p. 24 “Musique de l'intérieur” JAZZ
Batteur doué, Didier Lasserre et le chanteur Benat Achiary enregistrent un nouveau CD pour le label Amor Fati. Particularité : ça se passe en public dans un appartement. Depuis ses premières influences musicales, Coltrane, Ayler, Mingus, Murray, le batteur Didier Lasserre a été particulièrement touché par des musiciens avec lesquels il joue ou enregistre. Il mentionne aussi l'importance de la peinture. Et si ce trentenaire doué, a souvent travaillé en mêlant jazz et poésie, danse, ciné, c'est toujours dans le refus d'un simple accompagnement illustratif. - Quelle est votre histoire musicale ?
Didier Lasserre J'ai débuté à 16 ans, pour tenter de vivre autre chose; et l'impro en autodidacte, après une répétition filmée de l'orchestre de Mingus avec Eric Dolphy, puis entendu Coltrane avec Elvin Jones ou Rashied Ali à la batterie. J'ai eu la chance de jouer avec le saxo ténor Sébastien Capazza, puis avec Monologue Trio : l'aventure continue en quartet (cf. notre CD « Gravitation » (1)). En dix ans, j'ai eu du bonheur avec beaucoup d'improvisateurs, Sylvain Guérineau (saxo alto) et Paul Rogers (contrebasse), publiés sur le CD "Dont acte" (*); et maintenant en duo batterie-voix, avec Benat.
- Est-ce la première collaboration avec Achiary ?
Cela a débuté en septembre 2001, en trio avec le saxo Thomas Lachaize, puis en grande formation l'été dernier à Itxassou (64). En fait, ce duo avec Benat est une première, et comme toujours, nous allons improviser. Le public sera accueilli par les peintures de Jean Rougier. La soirée commencera avec le poète Serge Creppy en duo avec Mathieu Immer à la contrebasse. Et tout se finira autour d'un verre...
- Pourquoi un appart' ?
Il y a une volonté farouche d'autonomie, et de toute façon, quasi aucune salle prête à nous accueillir. Un appartement est aussi le cadre idéal pour que, simplement, les gens se rencontrent. Le public, les musiciens, les oeuvres, tout cela, nous l'espérons, dialoguera plus facilement.
- Comment fonctionne le label ?
Ce sera la quatrième référence de Amor Fati. Il diffuse des CD hors des réseaux traditionnels, avec l'ambition de faire dialoguer musique et autres formes d'expression : tirés à 500, ce sont des exemplaires uniques réalisés par des plasticiens. C'est une asso, et une aventure collective. Nous avons une distribution tant nationale qu'à l'étranger; à Bordeaux, à La machine à Lire, Lignerolles, Prima Musica, Total Heaven, La Mauvaise Réputation.
- Vous faites du « free jazz contemporain » ?
« Gravitation » et « Dont acte » s'inscrivent dans un mouvement né dans les années 60, mais cela reste une étiquette, et le label ne se focalise pas sur un style, mais rend compte de rencontres. Les réseaux constitués et institutionnels m'importent peu : je constate que beaucoup restent dans l'ombre, mais que les choses se font, quoi qu'il en soit !
Concert Lasserre/Achiary, aujourd'hui à 19 h précises (portes closes ensuite), au 32 rue de Bègles, à Bordeaux; réservation obligatoire au 06.10.08.49.03. 10 euros
(1) Amor Fati, 05.56.94.62.96, www.amorfati.com.fr et http://didierlasserre.free.fr
Didier Lasserre : « je m'attache plus aux individus qu'aux catégories... »
Recueillis par Patrick Scarzello

journal sud-ouest : compte-rendu de concert - samedi 20 mars 2004 MUSIQUE.
ENTREZ DANS LA TRANSE
Dans un appartement, le basque Benat Achiary et le bordelais Didier Lasserre ont bouleversé leur public.
"Vous connaissez Benat Achiary ?"
"Non."
"Je vous envie."
La scène se passe dans un appartement de la rue de Bègles, samedi dernier. La scène se passe dans un appartement de la rue de Bègles, samedi dernier. Dans ce lieu de concert insolite, une soixantaine de personnes avaient fait le déplacement pour assister à l'enregistrement d'un duo inédit : Didier Lasserre et Benat Achiary. On ne présente plus Achiary, chanteur basque inclassable, qui promène depuis plus de trente ans son timbre de voix si particulier dans tout le Sud-Ouest. "Je suis un free-chanteur", s'amuse à se définir celui qui est issu de la grande tradition orale basque. A ses côtés, Didier Lasserre, batteur bordelais, adepte du free-jazz. Leur collaboration a débuté en 2001 au sein d'une formation de jazz. C'est de là qu'est venue cette idée de travailler en duo. "Tout s'est fait très naturellement, comme une évidence, raconte Achiary. La musique de Didier est très riche, il joue avec un rythme qu'on n'entend pas. Cela me convient parfaitement." Comme possédé. 20 heures. Après une première partie interprétée par Serge Creppy et Mathieu Immer, contrebassiste et propriétaire des lieux, le duo entre enfin en piste. Les premières notes fusent. En totale improvisation, comme d'habitude. "Avec l'impro je me sens moi-même, explique Didier Lasserre ; ça me rend libre et heureux. C'est très organique." La suite est étonnante. Assis à même la moquette, les spectateurs regardent Benat Achiary expulser des sonorités venues d'ailleurs, passer du murmure au hurlement. Son visage, son corps tout entier, semblent se tordre de douleur au rythme de sa mélodie. Comme s'il était possédé. "Je fais le vide autour de moi et je me laisse envahir par la force de la musique, confirme le chanteur basque. Dans ces moments-là personne ne peut m'arrêter, je pourrais m'envoler."
Dans l'assistance, les adeptes apprécient. Les non-connaisseurs, eux, restent bouleversés. "Cette musique est étrange, j'en ai eu des frissons, confie l'un d'entre eux. Je ne suis pas près d'oublier."
Frédéric Brenon