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Quatuor Cassini & Benat Achiary : "Le Peuple des Falaises" | FATUM 018 | 15.00 €
benjamin bondonneau - clarinette
fabrice charles - trombone
laurent charles - saxophone ténor
sébastien cirotteau - trompette
+ benat achiary - chant



Parution novembre 2009
Le projet « le peuple des falaises » a été enregistré en octobre 2008 en multipiste sur différents lieux
de la vallée de la Vézère : la grotte du Sorcier à Saint-Cyr du Bugue et sur la succession des sites
troglodytiques suivants : la Roque Saint-Christophe, le trou de Bréchou (le Moustier), le Ruth et la Maison forte de Reignac.


Avec les aimables autorisations de Jean Clottes et Edouard Glissant.
Remerciements à Jean-Max Touron, Sophie Bars, Pascal Raux, Jean Clottes, Laurent Lignac, Odile Meynadier, Mathieu Immer, Audrey Saboureau,le personnel d’accueil de la Roque-St-Chistophe et la Maison Forte de Reignac.
Gravures de la grotte du Sorcier, relevé d’après A.Glory.
Avec le soutien du Conseil Général de la Dordogne, du Conseil Régional d’Aquitaine et du GMEA (Groupe de Musique Electro-acoustique d’Albi-Tarn).

Prise de son (octobre 2008) : Sébastien Cirotteau.
Montage (mars 2009) : Sébastien Cirotteau et Benjamin Bondonneau, Laurent Charles sur Le Faucon.
Mixage (avril 2009) : Benjamin Maumus.

Conception Graphique : Benjamin Lahitte.
Sérigraphie : Tanguy Bonnet à l’atelier Orbis Pictus (Bordeaux).
Peinture : Benjamin Bondonneau.
Contact : quatuor.cassini@free.fr

Ce qui surgit
Une première partie de la musique a été enregistrée en intérieur (grotte), la seconde en extérieur (flanc de falaise) puis entre-deux (sites troglodytiques), trois sites correspondant à trois des états et usages différents du calcaire. Chaque lieu, même hors grotte, partage le même espace historique et sonore ; tous se suivent, en enfilade sur cette partie de la vallée Vézère, empreinte dans ces reliefs et cavités des passages humains anciens, une omniprésence qui a inspirée l’idée de circulation du son entre ces sites.
Le parti pris du disque (jeu, montage, mixage) a précisément été de traduire ces allers et retours permanents entre le dehors et le dedans. Pour fabriquer une musique improvisée en écho à ces lieux ; unemusique élaborée spontanément, nourrie du contexte.
Peau-calcaire, surface sensible, vivante, lieu d’échange constant entre le dehors et le dedans. Surface gravée, creusée d’où les formes et figures surgissent comme un bestiaire, comme poussant derrière une peau, tendue à la fois convexe et concave. Calcaire qui nous appelle tantôt matriciel et tantôt repoussant et poussant les sons vers le dehors, le loin. De l’altérité à l’état pur.
Benjamin Bondonneau



Rigobert Dittmann - Bad Alchemy
"Benjamin Bondonneau (clarinette), Laurent Charles (saxophone ténor), Fabrice Charles (trombone), Sébastien Cirotteau (trompette) und der baskische Sänger Achiary spüren in den Höhlen des Tals der Vézère nach dem Geist des Ortes und den Riten der Menschen, die dort im Paläolithikum gesiedelt hatten, von den Neandertalern des Moustérien bis zu unseren Cro-Magnon-Vorfahren im Magdalénien. Von Letzteren stammen die Höhlenzeichnungen, die vermuten lassen, dass Schamanismus und Magie so wichtig waren wie Speere und Pfeile. Entsprechend urig ist der Schall der Blasinstrumente, noch nah an den Stimmen der Menschen und Tiere und den Lauten der Natur - schnaubend, fauchend, grollend, stöhnend, schnarrend, zwitschernd, ächzend, zischend. Aber neben der onomatopoetischen Imitation gibt es auch schon Gestaltung, besänftigenden Wohlklang, Urmusik, Urliedhaftes. Achiary ist der Stimmführer des archaischen Schamanenkollektivs, zungenrednerisch, mit Rufen, Schreien und intuitiven Gesängen. Die Fünf imaginieren sich als Mischwesen, die ihre Pferd-, Stier-, Wind-, Menschheit an die Wände projezieren, und doch schon die Ausnahme sind, die durch einen farbumspuckten Handabdruck den Anspruch erhebt: Unser Chirotop. Hände, die klopfen und mörsern, unterstreichen die eigene Hand-lungsfähigkeit. Die Höhle ist (mit Sloterdijk gesagt) Hüterin und Strahlungsquelle ikono-, mnemo-, und nomotopischer Bindungen, Membrane zur Anderwelt, Sammelstelle von Erfahrungen, Hort der sozialen Verfassung. Erklärungen von Touristenführern halten allzu wilde Annäherungsversuche aber in der Gegenwart fest. Nur das Gezirp der Grillen klingt ganz so wie ‚damals‘. [BA 65 rbd]"

Joël Pagier - Improjazz
Le Peuple des Falaises, c'est aujourd'hui Le Quatuor Cassini (Benjamin Bondonneau, clarinette, Laurent Charles, saxophone ténor, Sébastien Cirotteau, trompette et Fabrice Charles, trombone) ainsi que leur invité Beñat Achiary au chant, à la voix et à la poésie. Poursuivant le travail territorial amorcé par Bondonneau, Charles Fabrice, et Cirotteau lors du magnifique "Dordogne" (Amor Fati, 2007), ils improvisent cette fois dans les grottes naturelles de La Vézère, à flanc de falaise ou au cœur des habitations troglodytes millénaires qui sont un peu cet entre-deux délimitant l'intérieur et l'extérieur, le concave et le convexe, la profondeur et l'ouverture.
Loin de l'illustration, du sur lignage et de l'atmosphérique, leur musique est plus proche de la réaction immédiate au contact d'un espace précis, comme si chacun devenait le passeur d'une voix ancestrale et le groupe un support à la manifestation des esprits résidant en ces lieux. Ont-ils fumé le tabac avant d'entrer en communication avec l'âme des morts et de se retrouver "hors d'eux-mêmes" comme nous l'explique cet homme évoquant l'art du chamane ? On pourrait le supposer, parfois, tant l'harmonie de ces souffles coule de source, suggérant la parfaite écriture des compositeurs de ce siècle déjà dernier. Scelsi n'est jamais loin dans la complexité de ces textures pourtant confiées à l'instantané, ni Feldman encore, dans la réitération de ces phrases déclinées à l'envi sans pour autant sombrer dans la facilité du répétitif indéfini. Lorsqu'ils ne tissent pas ensemble la toile collective, chacun s'éloigne un peu, contemple le tableau auquel il vient de contribuer, puis, à petites touches, revient sur l'œuvre en cours, y dépose une tache, l'épaisseur d'un trait, la plénitude d'une ombre ou l'éclat d'une couleur. Alors, dans l'évidence du mouvement, il réintègre le flux général qu'un autre bientôt quittera sans heurt ni réel désir d'autonomie… Quant à Beñat Achiary, il semble survoler ce chantier de fouilles avec toute la grâce et l'attention mêlée d'un oiseau passionné auquel on construit un nid royal, tantôt planant si haut qu'on le voit à peine, tantôt fondant vers le sol pour y planter un mot, un vers, un texte ressurgi d'un quelconque limbe et que l'occasion  a rendu nécessaire. Est-ce ainsi que les habitants de ces grottes traçaient les témoignages rupestres qu'ils nous ont laissés ou existait-il, au contraire, une hiérarchie culturelle élevant tel ou tel au rang d'artiste légitime ? Aucun moyen de le savoir, sans doute, même si cette autre voix, féminine cette fois, nous décrit longuement le portrait sans âge d'un sorcier au sexe démesuré dont la photo figure, au demeurant, sur la très belle pochette de l'album…
Quatuor de vents, chants de poètes, captations live de professionnels s'exprimant librement, le dernier opus d'Amor Fati créera bien des problèmes aux étiqueteurs compulsifs. Personnellement, il m'apparaît comme un nouveau jalon sur la trajectoire de cinq musiciens passionnants et un signe supplémentaire de ce que sera bientôt la discographie de tout artiste désireux d'innover réellement : un objet sonore non identifiable, nécessitant pour s'y ranger sa propre catégorie et dévidant superbement l'écheveau sensible de l'intelligence et de l'amour.
Bon courage, les enfants ! Le marché n'en est pas saturé…


Vincent Faugère - www.citizenjazz.com
Enregistré en conditions naturelles dans la vallée de la Vézère, Le peuple des falaises s’écoute comme une mise en résonance de lieux arpentés par les premiers hommes : grottes, flancs de montagnes, sites troglodytes.
Le groupe à l’œuvre se déploie dans cette géographie imprégnée de préhistoire pour en restituer les échos tectoniques, en faire vibrer la matière géologique, en extraire l’histoire qui l’habite, éveiller l’esprit qui y dort.
Au sein d’un quartet d’improvisateurs français de luxe, la voix de Beñat Achiary donne au disque toute sa profondeur charnelle et son enracinement terrien, doublés des accents mystiques et des envolées chamaniques qui font sa terrible force, sorte de lien universel reliant les hommes dans le temps et l’espace.
Avec Le peuple des falaises, Amor Fati poursuit un remarquable travail d’édition d’œuvres sonores liées à une géographie, œuvres où la nature est partie prenante du son restitué. Pour le très beau Dordogne, Benjamin Bondonneau et Fabrice Charles, déjà, avaient été enregistrés in situ, sur les bords de la rivière qui a donné son nom au disque. Un enchantement.