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Ronnie Lynn Patterson | piano



Né le 7 mars 1958 à Wichita, Kansas, RLP grandit sur les bases militaires où son père est infirmier ; la vie familiale est rythmée par des déménagements réguliers : Kansas, Espagne, Mississippi, et Caroline du Sud. Devenu adulte, la route de RLP passera encore par Washington DC et Montréal pour s’arrêter à Paris. Ces tranches de vie ont fait de lui un musicien à l’univers singulier, un autodidacte ouvert et curieux.

De 1966 à 1970, son père est envoyé en Espagne et il installe sa famille près de Madrid ; c’est à Alcalà de Henares - la ville de Cervantès - que RLP se met spontanément à la batterie : s’entraînant d’abord à l’aide de cintres sur une planche à repasser, il participe finalement avec des musiciens espagnols à une jam session organisée sur la base américaine de Torrejon de Ardoz, grâce à son père, passionné de jazz. RLP gardera de ce séjour une curiosité jamais démentie pour l’Europe et ses langues ; à 50 ans, outre sa maîtrise de l’anglais, de l’espagnol et du français, il se débrouille aussi en italien et en basque. Et s’il vit en France depuis 1991, il cultive des liens privilégiés avec l’Espagne, ce dont témoigne aussi son album The Gernika Suite (2006) en duo avec le batteur Didier Lasserre.

Agé de 12 ans en 1970, Ronnie aborde son adolescence au Mississippi : retour à la vie sur la base militaire de Columbus... La pratique de la batterie devient un refuge contre l’ennui et il en acquiert vite une maîtrise qui lui vaudra de remporter vers 14-15 ans le 1er prix de caisse claire du Mississippi Allstates Symphony Orchestra ; cela grâce aux cours particuliers de Marshall Howell, batteur et pianiste concertiste classique qui joue aussi dans un groupe rock.

Mississippi (2003) - 1er CD en trio publié sous son nom par RLP - est à la fois un hommage rendu à l’un des berceaux de la musique afro-américaine et l’acte de naissance d’un pianiste qui ne hiérarchise pas la musique. De ses années en Caroline du Sud, dans la banlieue de Columbia où il termine ses études secondaires à la fin des années 70, RLP se souvient des heures passées à écouter des disques de jazz, qui vont le pousser à étudier seul l’harmonie sur le piano de sa mère, elle-même pianiste amateur. Vers 20 ans, les albums de Mc Coy Tyner et de Keith Jarrett lui font franchir le pas : c’est désormais au piano qu’il veut se consacrer, corps et âme. Il part alors tenter sa chance à Washington DC où il vivra 8 ans dans les années 80. Là, c’est dans la communauté latino qu’il trouve ses meilleurs partenaires musicaux, qui le surnomment bientôt "el montunero yankee". Il participe aussi en tant que pianiste et "vocal back up" aux tournées des frères Grainger (batteur et bassiste funk). Lassé des gigs sans lendemain et étonné d’être resté aussi longtemps dans une même ville, RLP passe ensuite 18 mois à Montréal ; il y pratique le piano-bar en même temps qu’une langue étudiée au lycée, le français. Paris s’impose comme sa prochaine étape : il y débarque en juillet 1991, à l’âge de 33 ans... Les premières années à Paris font écho à celles passées dans la capitale fédérale américaine : vie matérielle précaire et difficulté à intégrer la communauté des jazzmen. S’il en développe parfois quelque amertume, ces obstacles renforcent sa ténacité et sa curiosité le pousse par ailleurs à élargir son répertoire : RLP se lance dans le déchiffrage de partitions de Rachmaninov, puis de Morton Feldman - gageure pour un pianiste autodidacte qui jusqu’alors n’avait pas appris à lire la musique. En 1994-95, il remporte au Concours National de Jazz de La Défense, un 2ème prix de soliste et un 3ème prix de groupe (pour son trio avec Gildas Scouarnec et Tony Rabeson).

En 1997, son mariage lui apporte une stabilité nouvelle, qui lui permet enfin de poser sa valise et d’en extraire quelques unes des compositions qui l’ont habité durant ses années difficiles. En 1999, le batteur Aldo Romano l’invite à enregistrer son album Corners ; cette première participation en tant que sideman, lui offre alors un début d’existence médiatique.

En 2001, RLP grave pour le label L’Empreinte Digitale, une interprétation de deux oeuvres contemporaines du compositeur new-yorkais Morton Feldman : Piano 1977 et Palais de Mari, interprétation remarquée par la critique classique et jazz (Le Monde de la Musique, Télérama, Vibrations, Les Inrockuptibles...). Puis en 2003, il autoproduit l’enregistrement de ses propres compositions en trio, Mississippi, qui sort sur le label Night Bird Music. Cet album personnel est très bien accueilli par la presse (Télérama, Le Monde, Le Nouvel Observateur, Classica Répertoire...). En avril 2006, c’est l’enregistrement co-produit par le label bordelais Amor Fati et le Bordeaux Jazz Festival de The Gernika suite, musique improvisée avec le batteur Didier Lasserre, en hommage au peuple basque. La même année, la Ville de Paris fait appel à lui pour participer au jury du Concours International de Piano Martial Solal.

En 2007, le cinéaste Franck Cassenti monte, dans le cadre du festival de jazz de Porquerolles, un spectacle musical, Thelonious Sphere Monk (adaptation du livre Jazz impro de Geoff Dyer) ; pour revisiter l’univers de Monk, il fait appel au piano de RLP et à la contrebasse de Jean-Jacques Avenel. En mars 2008, RLP enregistre en trio pour le label parisien Zig-Zag Territoires, avec Stéphane Kerecki et Louis Moutin, l’album Freedom fighters.

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