Amor fati

News
Disques
Concerts
Residences
Actions Pedagogiques

Médiation & Sensibilisation
Musiciens
Presse
Contact
Liens
Newsletter


Hors Ciel | FATUM 004 | épuisé | sold out
benat achiary - chant
didier lasserre - batterie



Parution novembre 2004
Peintures et conception graphique : Jean Rougier
Exemplaires uniques - série limitée à 500 exemplaires

Philippe Alen - Improjazz
chronique du concert duo à l'Office Artistique de la Région Aquitaine, dans le cadre du Bordeaux Jazz Festival
''A l'origine d'un émouvant trio avec Sylvain Guérineau et Paul Rogers (Dont Acte, Amor Fati, chronique in Improjazz n° 102), voici plusieurs années qu'il poursuit un travail avec Beñat Achiary (voc). Associés au sein d'un quartet où l'on retrouve Benjamin Bondonneau et Daunik Lazro, ils s'adonnent aussi à la formule resserrée du face à face. Un bouche à oreille plus exactement, tant il est vrai qu'une écoute vibrante, tangible, unit des peaux qui parlent et une voix qui capte. Lasserre, penché derrière une grosse caisse à l'antique, la frappe à la main. Paume ou mailloche : la pédale remisée, l'esprit et la main sont en prise directe. Du texte lu, à plat sur la page, pulvérisé sur la plaque sensible de la vocalité, recueilli sur les peaux, les disques de cuivre bruissant comme un feuillage ; d'un contact, à peine un choc, un toucher, une onde se lève et réveille un son, un mot, un mot imagé dans le son, un poème. Avec une délicatesse extrême qui offre au silence, à l'attente, le premier rôle, avec un sens aigu de l'ellipse, une énergie féline, tout de souplesse et de retenue, mobilisée dans la captation des signes, tendue pour le bond mais recueillie dans une infinie patience, un monde s'ébruite. Parcouru du sens comme d'un frisson, du centre à la périphérie et retour, comme d'un arc électrique. La profondeur tient au creusement d'une surface continue, indivise, d'une oreille l'autre. A l'écoute de cette écoute, la salle elle-même résonne comme un cœur aux battements abolis, absorbés, réfléchis par cette chimère chantante, formant ensemble comme un unique tympan.''

Pierre-Henri Ardonceau, Jazz Magazine n°559, mai 2005
Le combat continue pour Didier Lasserre. Pour le jazz vif, pour l'autogestion. Travail (exemplaire à plus d'un titre) en réseau hors des sentiers battus. Son micro-label Amor fati tient bon le cap (cf. jazzmag n°549) Forme et fond. Quatrième opus, toujours en tirage limité et numéroté (500 exemplaires), avec une (vraie) peinture originale de Jean Rougier sur chaque pochette (en carton kraft) : un superbe duo tambours-voix. Le chant "brut" d'Achiary enveloppé, stimulé, relancé, provoqué par une approche à la Milford Graves. Symbiose parfaite voix-percussions. Musiques telluriques. Beñat, basque universel, scande avec tendresse et violence à la fois des poèmes de Li Po, Wang Wei, Tu Mu et Chiao Tao (Chine, 6ème et 7ème siècles) : hymnes aux grands espaces. Brutalité "primitive" et extrème sophistication cohabitent sans heurt. Explosion-éruptions, alternances d'envolées et de descentes aux violences de "montagnes russes". Symphonie débridée, formidable chant choral, d'une clameur irrépressible. Réitérations obstinées au pouvoir quasi hypnogène participant parfois de progressions si lentes que la musique a l'air presque immobile, suivies des fulgurences les plus vertigineuses. Achiary-Lasserre, penseurs singuliers de la matière sonore.

Jazzcolor.com
Ce duo batterie/voix regroupant Didier Lasserre et le chanteur poète basque Beñat Achiary fait partie des quatre productions parues depuis la naissance du label Amor fati. Vocaliste hors normes Achiary se montre plus que surprenant en alliant modernité et tradition, improvisation et composition. L'univers de ce duo unique mêle avec un naturel presque déconcertant des influences qu'on devine venir des quatre coins du globe. Chine, Japon, Afrique, Océanie, Amazonie.......et d'Euskadi bien sur !

Jazz Magazine n°559

Le combat continue pour Didier Lasserre. Pour le jazz vif, pour l'autogestion. Travail (exemplaire à plus d'un titre) en réseau hors des sentiers battus. Son micro-label Amor fati tient bon le cap (cf. jazzmag n°549) Forme et fond. Quatrième opus, toujours en tirage limité et numéroté (500 exemplaires), avec une (vraie) peinture originale de jean rougier sur chaque pochette (en carton kraft) : un superbe duo tambours-voix. Le chant “brut” d'Achiary enveloppé, stimulé, relancé, provoqué par une approche à la Milford Graves. Symbiose parfaite voix-percussions. Musiques telluriques. Beñat, basque universel, scande avec tendresse et violence à la fois des poèmes de Li Po, Wang Wei, Tu Mu et Chiao Tao (Chine, 6ème et 7ème siècles) : hymnes aux grands espaces. Brutalité “primitive” et extrème sophistication cohabitent sans heurt. Explosion-éruptions, alternances d'envolées et de descentes aux violences de “montagnes russes”. Symphonie débridée, formidable chant choral, d'une clameur irrépressible. Réitérations obstinées au pouvoir quasi hypnogène participant parfois de progressions si lentes que la musique a l'air presque immobile, suivies des fulgurences les plus vertigineuses. Achiary-Lasserre, penseurs singuliers de la matière sonore. A découvrir. Pierre-Henri Ardonceau

Sud Ouest - Gironde départementale, samedi 13 mars 2004, p. 24 “Musique de l'intérieur” JAZZ
Batteur doué, Didier Lasserre et le chanteur Benat Achiary enregistrent un nouveau CD pour le label Amor Fati. Particularité : ça se passe en public dans un appartement. Depuis ses premières influences musicales, Coltrane, Ayler, Mingus, Murray, le batteur Didier Lasserre a été particulièrement touché par des musiciens avec lesquels il joue ou enregistre. Il mentionne aussi l'importance de la peinture. Et si ce trentenaire doué, a souvent travaillé en mêlant jazz et poésie, danse, ciné, c'est toujours dans le refus d'un simple accompagnement illustratif. - Quelle est votre histoire musicale ?
Didier Lasserre J'ai débuté à 16 ans, pour tenter de vivre autre chose; et l'impro en autodidacte, après une répétition filmée de l'orchestre de Mingus avec Eric Dolphy, puis entendu Coltrane avec Elvin Jones ou Rashied Ali à la batterie. J'ai eu la chance de jouer avec le saxo ténor Sébastien Capazza, puis avec Monologue Trio : l'aventure continue en quartet (cf. notre CD « Gravitation » (1)). En dix ans, j'ai eu du bonheur avec beaucoup d'improvisateurs, Sylvain Guérineau (saxo alto) et Paul Rogers (contrebasse), publiés sur le CD "Dont acte" (*); et maintenant en duo batterie-voix, avec Benat.
- Est-ce la première collaboration avec Achiary ?
Cela a débuté en septembre 2001, en trio avec le saxo Thomas Lachaize, puis en grande formation l'été dernier à Itxassou (64). En fait, ce duo avec Benat est une première, et comme toujours, nous allons improviser. Le public sera accueilli par les peintures de Jean Rougier. La soirée commencera avec le poète Serge Creppy en duo avec Mathieu Immer à la contrebasse. Et tout se finira autour d'un verre...
- Pourquoi un appart' ?
Il y a une volonté farouche d'autonomie, et de toute façon, quasi aucune salle prête à nous accueillir. Un appartement est aussi le cadre idéal pour que, simplement, les gens se rencontrent. Le public, les musiciens, les oeuvres, tout cela, nous l'espérons, dialoguera plus facilement.
- Comment fonctionne le label ?
Ce sera la quatrième référence de Amor Fati. Il diffuse des CD hors des réseaux traditionnels, avec l'ambition de faire dialoguer musique et autres formes d'expression : tirés à 500, ce sont des exemplaires uniques réalisés par des plasticiens. C'est une asso, et une aventure collective. Nous avons une distribution tant nationale qu'à l'étranger; à Bordeaux, à La machine à Lire, Lignerolles, Prima Musica, Total Heaven, La Mauvaise Réputation.
- Vous faites du « free jazz contemporain » ?
« Gravitation » et « Dont acte » s'inscrivent dans un mouvement né dans les années 60, mais cela reste une étiquette, et le label ne se focalise pas sur un style, mais rend compte de rencontres. Les réseaux constitués et institutionnels m'importent peu : je constate que beaucoup restent dans l'ombre, mais que les choses se font, quoi qu'il en soit !
Concert Lasserre/Achiary, aujourd'hui à 19 h précises (portes closes ensuite), au 32 rue de Bègles, à Bordeaux; réservation obligatoire au 06.10.08.49.03. 10 euros
(1) Amor Fati, 05.56.94.62.96, www.amorfati.com.fr et http://didierlasserre.free.fr
Didier Lasserre : « je m'attache plus aux individus qu'aux catégories... »
Recueillis par Patrick Scarzello

journal sud-ouest : compte-rendu de concert - samedi 20 mars 2004 MUSIQUE.
ENTREZ DANS LA TRANSE
Dans un appartement, le basque Benat Achiary et le bordelais Didier Lasserre ont bouleversé leur public.
"Vous connaissez Benat Achiary ?"
"Non."
"Je vous envie."
La scène se passe dans un appartement de la rue de Bègles, samedi dernier. La scène se passe dans un appartement de la rue de Bègles, samedi dernier. Dans ce lieu de concert insolite, une soixantaine de personnes avaient fait le déplacement pour assister à l'enregistrement d'un duo inédit : Didier Lasserre et Benat Achiary. On ne présente plus Achiary, chanteur basque inclassable, qui promène depuis plus de trente ans son timbre de voix si particulier dans tout le Sud-Ouest. "Je suis un free-chanteur", s'amuse à se définir celui qui est issu de la grande tradition orale basque. A ses côtés, Didier Lasserre, batteur bordelais, adepte du free-jazz. Leur collaboration a débuté en 2001 au sein d'une formation de jazz. C'est de là qu'est venue cette idée de travailler en duo. "Tout s'est fait très naturellement, comme une évidence, raconte Achiary. La musique de Didier est très riche, il joue avec un rythme qu'on n'entend pas. Cela me convient parfaitement." Comme possédé. 20 heures. Après une première partie interprétée par Serge Creppy et Mathieu Immer, contrebassiste et propriétaire des lieux, le duo entre enfin en piste. Les premières notes fusent. En totale improvisation, comme d'habitude. "Avec l'impro je me sens moi-même, explique Didier Lasserre ; ça me rend libre et heureux. C'est très organique." La suite est étonnante. Assis à même la moquette, les spectateurs regardent Benat Achiary expulser des sonorités venues d'ailleurs, passer du murmure au hurlement. Son visage, son corps tout entier, semblent se tordre de douleur au rythme de sa mélodie. Comme s'il était possédé. "Je fais le vide autour de moi et je me laisse envahir par la force de la musique, confirme le chanteur basque. Dans ces moments-là personne ne peut m'arrêter, je pourrais m'envoler."
Dans l'assistance, les adeptes apprécient. Les non-connaisseurs, eux, restent bouleversés. "Cette musique est étrange, j'en ai eu des frissons, confie l'un d'entre eux. Je ne suis pas près d'oublier."
Frédéric Brenon